Parlons d'hypnose

Juste à temps, seulement quelques minutes avant le départ du TGV !

Oui, pourra-t-on me dire, les voyages m’inspirent décidément ! Je le revendique. Il y a là quelque chose de l'ordre du mouvement, du changement, un plaisir de la découverte presque sensuel... Ne dit-on pas d'ailleurs, en parlant de la passion des sentiments, "les transports amoureux" ?!...

Je débute l’écriture, avec dans mon champ de vision ma valise laissée en dehors du wagon, judicieusement surveillable (encore un néologisme, j’aime ça !) Je ne fais pas exception à ces voyageurs imprévoyants qui n’ont pas étiqueté leur bagage et craignent de voir surgir la brigade de déminage.

Alors que je longeais l’interminable quai pour rejoindre la voiture numérotée, je me souvins de mon sentiment quelques instants plus tôt, lorsque sur le trottoir roulant du métro, je tentais de dépasser un marcheur plus lent que moi. J’avais l’impression de me trouver sur une autoroute piétonne. Tous les comportements routiers étaient représentés, sur ce métallique « escalier plat » (un oxymore ?!).

Dans l’autre sens de marche, deux voies séparées, une lente, une rapide, bien que rien de les signale différentes, sauf l'impression comique de ces piétons à deux allures, dont on ne voit que les bustes comme glissant, humains-troncs à roulettes. L'unique travée que je parcoure autorise toute les vitesses.

Il y a quelques jours, à l’aller de mon trajet, j’avais du temps, j’avais d’ailleurs pris la voie lente, poussant l’indolence jusqu’à ne pas y marcher du tout, attendant que l'on m'amène...

Aujourd’hui, la correspondance étant plus courte, je me presse, un peu, enfin, à ma manière. Disons juste de quoi avoir la conscience tranquille en cas de loupage ! Certes, je double, mais je suis doublé également. Tout cela sur une seule voie.

Il y a ceux qui, sans clignotant, ignorant les escargots, les bousculant même, foncent vers un destin en mouvement, comptabilisant sans doute leurs pas sur IPhone. Valise en main ou non, ils sont les bolides du marchepied. Il y en a d’autres, avançant peu ou pas, qui respectant le « code » se placent docilement à droite pour laisser libre le passage des piétons de course. Si d’aventure, l’un de ceux-là fait un écart, il se fait klaxonner par ceux-ci d’un tonitruant « S’il vous plait ! » peu aimable. A quelques mètres de la sortie, je suis ralenti par un jeune homme, un routier avec remorque, qui traine derrière lui un énorme sac à roulettes, prenant toute la largeur de la voie. Les rapides fulminent… et n’y peuvent rien.

J’observe les mêmes comportements sur le quai d’un kilomètre. L’illusion est renforcée par les flashes de gyrophare du chariot technique, comme si le dépassement de vitesse était prohibé le long des rails.

Les « conditions » de circulation du titre font référence au conditionnement. Des règles de vie en société ont été établies pour maintenir une sorte d’ordonnancement, afin que chacun soit à sa place. Ces limites sont faites pour être franchies, dans la mesure du respect des autres. C’est si bon de sortir du cadre, parfois !

J’observe aujourd’hui que ces règles se sont généralisées à tous les domaines de la vie communautaire. Au point que nous, moi y compris, ne nous demandons même pas pour quelle raison, dans une foule, nous laissons passer les gens venant sur notre droite !...

Si ces principes permettent un vivre-ensemble supportable, il est malgré tout bon de s’interroger sur soi, lorsqu’individuellement, nous agissons de façon réflexe, sans donner de sens à nos comportements.


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