Parlons d'hypnose

Article publié en octobre 2014 sur hypnoblog, le blog d'un hypnothérapeute

Imaginez un touriste sur un bateau de croisière. Un de ces paquebots immenses, sillonnant les mers chaudes d'un port à l'autre de contrées exotiques.

Au matin, il quitte sa cabine pour gagner les ponts supérieurs, où il passe la majeure partie de son temps, se partageant entre la piscine, le jacuzzi, les restaurants, le casino, les animations diverses, les excursions... En fin d'après-midi, il descend se préparer pour la grande soirée dîner-spectacle. Il a laissé dans sa cabine toutes ses affaires éparses, vêtements, valises, serviettes en désordre. Le lit est défait, les draps froissés...

Lorsqu'il rentre enfin au milieu de la nuit, ravi de sa soirée, un brin euphorique, sa chambre est rangée, le lit est propre, ses vêtements ont été repassés, pliés dans les placards. Un petit mot de bienvenue sur la table, quelques douceurs sont posées sur l'oreiller... Encore dans sa légère ébriété, il ne se demande pas comment ce miracle est possible. Il ne croise de toute façon jamais personne dans les coursives. Il s'endort comme une masse, avec des rêves et un peu d'agitation. Le lendemain, il recommence, profitant au maximum de ses vacances idéales. Les jours passent ainsi...

Un jour, le bateau stoppe en plein milieu de nulle part, aucune terre à l'horizon. Les machines se taisent, le bourdonnement familier et rassurant des moteurs s'est éteint. Un silence angoissant s'installe. Après un long temps d'incompréhension, on peut percevoir une agitation venue des entrailles du navire. Une rumeur qui enfle, pour révéler enfin un groupe, que dis-je, une foule nombreuse, avec des armes, des pancartes, des cris, des revendications.

C'est tout le personnel du bateau, les petites mains, les ouvriers laborieux, mal logés dans les dernières cales, mal nourris des restes des voyageurs, mal payés par les armateurs-exploiteurs.

Notre touriste est abasourdi ! Il n'avait jusque-là jamais vu ces personnes. Il voit qu'ils sont maigres, vêtus pauvrement. Il ne se doutait pas que des gens travaillaient dans ce bateau. Il comprend que ces gens sont ceux qui rangent et nettoient sa chambre chaque jour, préparent les buffets dont il se régale, font avancer le navire dans la noirceur crasse de la salle des machines...

D'accord, ce n'est qu'une histoire. C'est une métaphore de notre fonctionnement : le touriste, c'est la partie qui raisonne, l'intellect, la logique. Le personnel de bord, c'est l'esprit inconscient, qui gère l'intendance, qui prend en charge en permanence de tout ce dont ne s'occupe pas la volonté.

Souvent, par notre éducation, par nécessité, par mimétisme, nous avons appris à beaucoup miser sur l'intellect et la volonté, en ignorant, volontairement ou non, ce qui à l'intérieur agit en nous. Nous sommes capable de naviguer dans les eaux de notre existence. Lorsque nous feignons de ne pas voir le « petit personnel » pendant trop de temps, il fait son travail quand même, nous gardant en vie, mais si nous n'y prenons garde, il finira par se lasser, et manifester des signes d'épuisement. Ses armes seront des maladies ; ses cris, des tensions, des douleurs ; ses pancartes, du stress ; ses revendications, des émotions inconfortables, de la fatigue...

En nous agissent deux facettes d'un même esprit : la conscience extérieure, qui réfléchit, agit, décide, interagit ; la conscience intérieure, qui gère l'intendance. Et ces deux facettes nous constituent. Notre écologie s'équilibre lorsque nous nous occupons des deux.

Sinon, le bateau risque de couler...


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