Parlons d'hypnose

Je me souviens, lorsque j'apprenais mon métier de soignant, que les conseils de mes professeurs, voire l'impérative recommandation, étaient de conserver une distance nécessaire vis-à-vis du patient.

Une façon de se protéger d'un lien affectif qui pourrait nuire au soignant et à l'efficacité du soin.

Pendant des années, j'ai appliqué ces recommandations. A un point tel, que lorsque je sentais poindre en moi un soupçon d'attachement, je fermais très vite cette porte. Non pas que j'étais distant ou indifférent à la souffrance de l'autre, non, bien sûr. Mon empathie s’exprimait à travers mes mots, mes gestes.

Mais, en moi, oui, en moi, je niais ce que je ressentais. Or, je le sais à présent, privilège de l'âge et de l'expérience, j'accumulais des tensions, car je ne m’autorisais pas à les reconnaître... Ce déni me mena non loin du burn-out.

Aujourd'hui, j'accompagne toujours des personnes en difficulté, à travers cette autre pratique qu'est l'hypnothérapie. Dans la relation hypnotique, se crée une sorte de bulle entre le praticien et son patient, qui exclue d'éventuels observateurs.

Cela m'a ouvert l'esprit et le cœur. Je suis beaucoup plus présent à l'autre, et dans le même temps très connecté à mes ressentis. A l'écoute de ce qu'il se passe en moi pour mieux accompagner.C'est la magie du lien d'inconscient à inconscient.

Le temps de la rencontre, dans cet espace où l'être profond s'exprime sans fard, je ressens de l'amour pour cet humain devant moi.

Et une question, presqu'obsédante, comment puis-je aider cette personne ? Alors s'ouvre en moi quelque chose d'indicible, qui me fait Être, être, moi-même, sans plus de doute sur la juste distance...

Je n'adhère pas à cette idée d'une neutralité bienveillante. Nous ne sommes jamais neutre dans une relation, quelle qu'elle soit. Nous percevons toujours l'autre à travers nos filtres. Et même dans des disciplines où priment les protocoles et l'absence d'induction ou d'influence, comme la sophrologie par exemple, il est impossible d'être neutre. Car à travers la voix, l'intonation, le rythme, la posture, nous nous exprimons et cela influence forcément l'autre.

La bienveillance, oui, est présente, mais je crois qu'elle va au-delà d'elle-même.

N'ayons pas peur de ressentir de l'amour pour nos patients, le temps de la séance. Ensuite, chacun reprend son propre chemin, retourne à sa vie.

Avec quelque chose en plus...


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