Jean-Luc Roquet
Hypnothérapeute à Rochefort

Billet d'humeur

Une fois n’est pas coutume, je partage avec vous ce coup de gueule.

A l’occasion de la sortie prochaine du film sur le Général de Gaulle (De Gaulle, De Gabriel Le Bomin avec Lambert Wilson, Isabelle Carré, Olivier Gourmet…), sa petite-fille, Anne de Laroullière témoigne dans une émission de divertissement. Elle parle de son père, officier durant la seconde guerre mondiale, proche du Général. Par deux fois, dans cette interview, elle prononce une phrase qui m’a fait dresser le peu de cheveux qu’il me reste : « Mon père a fait une très belle guerre. »

Comment est-il possible, concevable, que ces deux mots soient associés dans une même phrase ?!

Comment un être humain, une femme, qui fût un temps présidente de la Fondation Anne-De-Gaulle, accueillant des jeunes femmes handicapées mentales, donc humaniste, à priori, peut-elle considérer que la guerre est… belle ?

Bien sûr, dans cette expression, on doit comprendre que le dit-soldat a probablement brillé au combat, accompli des exploits, des faits d’armes, ou encore été un stratège militaire compétent…

Bien sûr, dans son langage, dans son vocabulaire, elle qui a vécu auprès de ce grand homme qu’était son aïeul, cela est élogieux. On fait une belle guerre, quand dans la famille, des hommes et des femmes ont donné leur vie pour la patrie. Ce sacrifice est exemplaire, certes, car sans ces personnes-là, nous ne serions sans doute pas dans un pays libre.

Mais la guerre n’a rien de beau, vraiment... Cette femme née en 1959 n’a sans doute aucune idée de ce qu’est la guerre, dans sa sauvagerie, dans son inutilité, dans son arbitraire. Des gens meurent, faut-il le rappeler ? Elle naît de jalousies économiques qui se transforment vite en idéologie, en manœuvres politiques, traduites en termes patriotiques ou religieux, afin que les populations massacrées adhèrent, acceptent d’être sacrifiées au nom d’un quelque chose qui les dépasse, quelque chose de sacré, les masses sacrées…

Je m’insurge, donc, vous l’aurez compris, contre cette phrase malheureuse, maladroite, indécente. Je m’insurge en connaissance de cause. Car infirmier militaire dans une ancienne vie professionnelle, j’ai vécu le cœur de la guerre du Golfe. J’ai vu des hommes mutilés, hurlant leur douleur et leur peur, j’ai secouru des soldats qui regardaient, incrédules, leur pied dans une chaussure à quelques mètres de leur corps, pour avoir marché sur une mine… J’ai vécu des situations semblables à celles que l’on peut voir dans les films d’Oliver Stone ou de Stanley Kubrick, calé dans son canapé, une bière à la main. Sauf que c’est pour de vrai…

Non, Madame de Laroullière, la guerre n’est pas belle. La guerre, c’est laid, c'est sale, ça saigne, ça tue, ça blesse, ça mutile, ça défigure, et cela laisse de profondes blessures, pas toujours visibles…


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